Hémorragie externe : les bons gestes à adopter pour la stopper

Une hémorragie externe correspond à un saignement abondant, visible, qui s’écoule à l’extérieur du corps et ne s’arrête pas spontanément. Elle est causée le plus souvent par une plaie. Si la perte de sang est importante, il existe un risque réel pour la victime. L’hémorragie externe fait partie des urgences vitales. Découvrez comment la prendre en charge.

dessin hémorragie externe

Hémorragie externe : définition et causes

L’hémorragie est un écoulement de sang abondant (imbibe entièrement un mouchoir en quelques secondes), qui ne s’arrête pas spontanément. On distingue :

    • l’hémorragie interne : saignement non visible, qui se produit à l’intérieur du corps ;
    • l’hémorragie externalisée : le saignement a lieu à l’intérieur du corps mais sort par un ou plusieurs orifices naturels (narines, oreilles, bouche, etc.) ;
    • l’hémorragie externe : elle est visible car l’épanchement a lieu à l’extérieur du corps.

Une hémorragie externe est liée la plupart du temps à une cause traumatique (accident, coupure, etc.), plus rarement à une cause médicale (rupture de varices ou d’hémorroïdes externes, règles hémorragiques, etc.).

Elle peut être de plusieurs types, selon le vaisseau rompu par lequel s’écoule le sang :

    • une hémorragie artérielle laisse s’écouler un sang rouge vif, par jets puissants et pulsatiles (qui correspondent aux contractions cardiaques) ;
    • une hémorragie veineuse correspond à un sang plus foncé, qui s’épanche de manière régulière sous forme de nappe ;
    • une hémorragie capillaire est liée à la rupture de vaisseaux très petits, le saignement est de faible intensité et il n’y a pas de notion de gravité (on ne peut pas réellement parler d’hémorragie). Il peut arriver par exemple au niveau du nez (épistaxis) et peut alors être arrêté avec des mèches hémostatiques type Coalgan.

Quels sont les signes d'une hémorragie externe ?

Le signe principal, l’épanchement de sang, est évident. Encore faut-il le visualiser. Le saignement peut être caché par la position de la victime ou par ses vêtements. Veillez à bien inspecter la personne à qui vous portez secours pour ne pas passer à côté d’une hémorragie.

D’autres symptômes peuvent être observés, liés à la perte importante de sang :

  • pâleur (anémie) et sueurs froides
  • sensation de soif
  • sensation de froid
  • baisse de la tension artérielle avec faiblesse et malaise possibles
  • essoufflement et difficultés à respirer (pour les hémorragies au niveau du thorax ou de la trachée)
  • accélération de la fréquence cardiaque dans un premier temps, puis effondrement

Tous ces signes sont à prendre en compte si vous êtes face à une victime qui souffre d’une hémorragie externe. Ils donnent des indices sur la gravité de l’hémorragie et si un saignement interne pourrait également être présent.

Quels sont les risques d'une hémorragie ?

Ils sont proportionnels à la quantité de sang perdu et à la zone touchée par laquelle il s’écoule. Le corps humain contient environ 5 litres de sang (chez un adute). Ce sang a un rôle vital : il apporte nutriments et oxygène aux organes et passe ensuite par les poumons pour être « nettoyé » et s’enrichir à nouveau en oxygène.

Selon l’âge et l’état de santé, une perte de sang d’un tiers du volume total peut être considérée comme grave. Quand la perte est trop importante, le corps finit par « compenser » en stoppant l’irrigation des organes (d’abord les organes dits « secondaires » puis les organes vitaux). C’est ce que l’on appelle un collapsus ou choc hémorragique.

Si l’hémorragie est importante, la victime risque de s’évanouir rapidement. Son pronostic vital peut être en danger.

Comment réagir devant une hémorragie externe ?

L’objectif premier est de stopper le saignement, jusqu’à l’arrivée des secours. Il existe plusieurs solutions qui peuvent faire office de pansement hémostatique et ainsi stopper un saignement.

Pour bien prendre en charge une hémorragie externe :

  • Mettez une paire de gants jetables si possible pour vous protéger des risques liés au contact du sang, ou à défaut munissez-vous d’un sac en plastique ou un linge propre et épais.
  • Arrêtez le saignement par une compression directe avec la paume de la main ou les doigts.
  • Si vous êtes seul ou ne pouvez pas maintenir la compression, fabriquez un tampon de tissu ou de papier épais et maintenez-le en place avec un lien large, non élastique et bien serré (faire un moins deux tours). Le tampon doit couvrir toute la plaie. Dans l’idéal, utilisez un coussin hémostatique ou un pansement compressif à bague.
  • Si vous constatez la présence d’un corps étranger dans la plaie, ou s’il s’agit d’une fracture ouverte, ne compressez surtout pas.
  • Placez la victime en position d’attente (allongée, semi-assise si elle a des difficultés à respirer, en position latérale de sécurité si elle est inconsciente).
  • Appelez les secours.
  • Pour aider la victime à conserver sa chaleur corporelle, vous pouvez la couvrir avec une couverture de survie.
  • Restez avec la victime pour la rassurer jusqu’à l’arrivée des secours.
  • Ne lui donnez pas à boire.

Dans certains cas exceptionnels, la pose d’un garrot s’impose. Vous ne devez effectuer ce geste que si vous avez suivi une formation aux premiers secours. L’utilisation des garrots avait disparu de ces formations. Elle est à nouveau enseignée depuis les attentats de 2015. La pose d’un garrot est uniquement recommandée :

  • en cas d’impossibilité de compression directe, si la plaie n’est pas accessible ;
  • si la compression directe n’est pas efficace pour arrêter le saignement ;
  • si beaucoup de victimes doivent être soignées en même temps ou si vous êtes seul à porter secours à une victime et devez vous libérer pour appeler les secours.

Vous devez toujours noter l’heure exacte de la pose du garrot pour la communiquer aux équipes médicales qui prendront le relais. Il ne faut en aucun cas libérer un garrot vous-même. Des kits complets dédiés au traitement des hémorragies existent, comme le kit hémorragie 4BC.

Dans les cas d’extrême urgence, les secouristes peuvent utiliser des substances qui favorisent la coagulation et aident à stopper ainsi le saignement. C’est le cas par exemple du Celox, qui existe en produit à injecter, directement sur la zone d’hémorragie.

 Ce qu’il faut retenir

  • Une hémorragie externe correspond à un saignement visible et abondant, qui peut imbiber un mouchoir en papier en quelques secondes seulement.
  • Face à une victime d’hémorragie externe, il faut réagir vite. Les gestes à adopter ne seront pas les mêmes si vous êtes secouriste ou non.
  • La recommandation est de compresser directement la zone en mettant une protection entre vos mains et le sang (uniquement si aucun corps étranger n’est présent dans la plaie), d’allonger la victime et d’alerter les secours.
  • Les pansements compressifs de type israélien peuvent être très utiles pour aider à stopper le saignement.
  • Parfois, la pose d’un garrot s’impose, elle doit être effectuée uniquement par des personnes ayant une formation de secouriste.
  • Après avoir porté secours à une victime d’hémorragie externe, il est impératif de bien laver tout ce qui a été en contact avec le sang (mains, vêtements, matériel…).

Après avoir porté secours à une victime d’hémorragie externe, une fois que les secours ont pris le relais, lavez-vous les mains sans tarder et désinfectez-les. Otez les vêtements qui pourraient être tachés de sang et lavez-les également. En cas de doute sur un éventuel risque de contamination, contactez un médecin.

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