Masque FFP2 : pourquoi est-il encore peu répandu en France ?

Le variant Omicron, au moins trois fois plus contagieux que Delta, est en passe de s’imposer en France et partout dans le monde. Face au danger qu’il représente, les pays renforcent les mesures pour protéger les populations.
Alors que le masque FFP2, plus efficace que le masque chirurgical, est désormais obligatoire dans les lieux publics dans plusieurs pays d’Europe, il est encore peu porté en France.

Dans quels pays ce dispositif sanitaire est-il exigé ? Pourquoi les Français sont peu nombreux à se le procurer ? Quels sont ses atouts ? Le point dans cet article.

masque ffp2 porté

Port du FFP2 en Europe

S’il est encore rare, en France, de croiser une personne portant un FFP2 dans la rue, la situation est bien différente chez nos voisins européens.

En effet, en Allemagne, ce modèle de masque a été rendu obligatoire dans la région de Bavière dès le mois de janvier 2021. Depuis, d’autres régions l’ont imitée, comme la Basse-Saxe. Dans les commerces, chez le médecin et dans les transports en commun, il est ainsi interdit de porter un autre type de masque (chirurgical ou en tissu).
Premier pays à avoir imposé ce masque de protection dans les magasins, transports publics, supermarchés, cafés et restaurants (debout), l’Autriche en a distribué gratuitement de grandes quantités à ses citoyens aux plus faibles revenus.

Face à la montée d’Omicron, l’Italie a ordonné, le 25 décembre 2021, le port du FFP2 dans les lieux publics clos (transports, théâtres, cinémas, stades et musées). Cette mesure devrait être étendue aux enseignants des écoles maternelles à partir de la rentrée scolaire de janvier.
Pour ce qui est de la Grèce, l’obligation du port de ce masque en forme de bec de canard entrera en vigueur le 3 janvier 2022 dans les supermarchés et transports publics, avec toutefois une alternative possible : porter deux masques chirurgicaux l’un sur l’autre.
Le FFP2 a aussi la cote en Espagne, où il n’est pourtant pas obligatoire. Nombreux sont en effet les Espagnols à le préférer au masque chirurgical.

Le FFP2, encore peu populaire en France

La France a longuement hésité avant de finalement imposer, en juillet 2020, le port du masque dans certains lieux publics. Cette protection sanitaire contre le Covid-19 est désormais entrée dans la vie quotidienne des Français. Si le masque chirurgical est majoritaire dans notre pays, on trouve également des masques en tissu, même si ceux-ci sont déconseillés.
En revanche, le masque FFP2 est encore relativement rare dans l’Hexagone. Ce dispositif est en effet principalement porté par les soignants. En raison d’un stock faible en début d’épidémie, il était même strictement réservé aux professionnels de santé. Cependant, le grand public peut à présent s’en procurer et les autorités sanitaires ont invité, début décembre 2021, les personnes les plus fragiles ou non vaccinées à le porter dès que cela est possible.

Pourquoi, alors qu’il est plus protecteur, le gouvernement ne recommande-t-il pas le FFP2 à l’ensemble de la population, à l’instar des autres pays européens ? Il semblerait qu’il y ait deux explications à cela. La première : son coût plus élevé que le masque classique (jusqu’à 6 fois plus cher). L’imposer reviendrait, pour le gouvernement, à devoir le proposer gratuitement aux Français. La seconde : obliger le port de ce type de masque pourrait devenir une mesure impopulaire.

port masque ffp2

Pourquoi préférer le masque FFP2 au chirurgical ?

Face au nombre de contaminations record, les scientifiques préconisent toutefois l’utilisation d’un modèle FFP2. Ce masque en forme de bec de canard, plus hermétique, ne laisse pas passer d’air ; il se compose d’une pièce faciale et d’un dispositif de filtration. Il est ainsi plus protecteur que son cousin chirurgical avec une capacité filtrante de 94% des aérosols de 0,6 micromètre, quand ce dernier filtre entre 95 et 98% des aérosols de taille moyenne 3 micromètres. Du fait de ces atouts, il protège donc aussi bien son porteur que son entourage.
Des chercheurs des universités Cornell (Etats-Unis) et de Göttingen (Allemagne) ont ainsi démontré que si deux personnes portent un FFP2 bien positionné, le risque qu’elles se contaminent n’est que de 0,4%. Il est de 30% si elles sont équipées d’un masque classique.

De plus, compte tenu de sa forme ovale et rigide, ce type de masque peut difficilement être porté en-dessous du nez, comme c’est trop souvent le cas avec la protection chirurgicale. Bien ajusté au visage du porteur, il est donc moins lâche que cette dernière qui a tendance à bailler, notamment au niveau des joues.
Enfin, un autre avantage de ce dispositif sanitaire est sa durée d’efficacité : jusqu’à huit heures, contre quatre heures pour le chirurgical.

Pour bien choisir son FFP2, celui-ci doit répondre à la norme européenne EN 149 et ne pas contenir de graphène (nano particule susceptible d’entraîner une difficulté respiratoire). Si on le trouve le plus souvent en blanc, il existe aussi un modèle de masque FFP2 noir ainsi que des modèles colorés.

 Ce qu’il faut retenir

  • Les pays Européens sont nombreux à avoir adopté le FFP2 et à l’avoir rendu obligatoire dans les lieux publics pour freiner la circulation du virus du Covid-19.
  • En France, ce modèle de protection sanitaire est encore peu courant.
  • Du fait d’une double filtration, le FFP2 est plus protecteur que le masque chirurgical et le risque de contamination entre deux personnes qui le portent est moindre.
Conclusion : Plus efficace car plus filtrant que le masque classique, le FFP2 est de plus en plus présent en Europe. S’il demeure rare en France, il y a fort à parier que, avec la montée du très contagieux variant Omicron, on l’aperçoive de plus en plus dans les lieux publics dans les semaines à venir.
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