Masques de protection : Où et comment les jeter ? Quel recyclage ?

L’obligation du masque de protection dans la sphère publique et dans le monde du travail pour lutter contre l’épidémie mondiale de coronavirus a engendré une abondance de déchets issus des masques chirurgicaux et autres masques de protection individuelle. La question de la collecte de ces masques et de leur recyclage est une source de préoccupation, tant pour les professionnels que pour les particuliers.
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La surproduction
des déchets de masque

La crise sanitaire due à la covid-19 engendre également une crise écologique qui découle de la grande quantité de masques utilisés à travers le monde. La quantité de déchets non-recyclables produite par les masques de protection respiratoire de type  FFP2 et les masques chirurgicaux usagés en France est évaluée à 40 000 tonnes pour 2020, selon la Direction Générale de la Prévention des Risques (DGPR). Si la plupart des masques de protection sont incinérés ou enfouis une fois utilisés, les masques sauvagement jetés dans la nature mettent, quant à eux, plusieurs décennies à se décomposer. L’ONU (Organisation des Nations Unies) estime déjà à 1,5 milliards le nombre de masques jetés dans l’océan depuis le début de la crise. Pourtant, il existe bien des consignes qui expliquent comment se débarrasser de ses masques à usage unique facilement et sainement après leur utilisation.

Comment jeter son masque ? pour les particuliers

Avec l’utilisation d’environ deux masques de protection par jour, les particuliers sont devenus de forts consommateurs de masques, notamment du masque chirurgical type II.

Les masques jetables sont composés d’énormément de plastique ( polypropylène ), mais ne peuvent pas être jetés dans les poubelles jaunes des déchets recyclables en raison du risque infectieux (le virus reste viable sept jours sur les masques chirurgicaux selon le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP)) et de la barrette d’ajustement métallique. En parallèle, les installations de tri ne sont pas adaptées au triage des masques, en particulier à cause des élastiques qui peuvent se coincer dans les machines de tri.

La bonne solution pour un particulier est de placer son masque usagé à l’intérieur d’un sac-poubelle hermétique avant de le mettre dans un conteneur destiné à la récolte des ordures ménagères non recyclables.

Une personne ayant été contaminée par le coronavirus doit envelopper son masque utilisé au sein de sacs de poubelles doublés et isoler le déchet pendant au moins 24 heures avant de le jeter dans le bac à ordures résiduelles.

Comment jeter son masque ? pour les lieux collectifs

En entreprise, dans les établissements recevant du public, sur la voie publique… le gouvernement suggère l’installation de points de collectes dédiés au ramassage de masques de protection. L’idée est de prendre exemple sur ce qui se fait concernant la récolte des piles. Les bornes de récolte seraient placés devant l’entrée des bâtiments et facilement identifiables. Cette initiative a déjà été mise en place par des entreprises privées dans certaines régions.

L’objectif d’une telle démarche est de réunir les flux de masques utilisés et d’envisager une massification pour un recyclage optimal, si possible.

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Comment jeter son masque ? en milieu hospitalier

En milieu hospitalier et pour les professions médicales non-libérales, le masque (comme les surblouses) est désormais considéré comme des DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés). Les masques sont ainsi soumis à une réglementation spécifique. Une zone de stockage munis de contenants adaptés (sacs, conteneurs et collecteurs adaptés) est obligatoire. Les déchets DASRI sont pris en charge par des entreprises spécialisées dans l’élimination de déchets. Pour davantage d’informations sur la gestion des déchets médicaux, veuillez consulter notre article « DASRI : qui est concerné ?« 

Une fois récoltés, les déchets sont soit incinérés à hautes températures, soit totalement désinfectés avant d’être considérés comme des déchets classiques et enfouis.

Quid du recyclage
des masques jetables

Les freins au recyclage des masques de protection

La question du recyclage des masques jetables a été étudiée à l’Assemblée Nationale le 28 janvier 2021 à l’issue du compte-rendu de la « Mission « flash » sur le traitement des masques usagés ». La commission du développement durable a ainsi analysé les freins à un recyclage globalisé des masques de protection à usage unique :

  • Le risque infectieux empêche une manipulation immédiate et pose la question sous-jacente du stockage des masques dans l’attente d’un recyclage.
  • Les installations de tri automatisées ne sont pas adaptées au traitement des masques jetés par le grand-public.
  • Le coût économique du recyclage des masques n’incite pas au recyclage. Le polypropylène n’étant pas facile à recycler.
  • Le manque de vision d’avenir sur la quantité de masques de protection utilisés et jetés n’incite pas à se spécialiser dans le domaine.

Ces freins ralentissent l’investissement public et privé pour trouver des solutions fiables à grande échelle pour optimiser le recyclage des masques chirurgicaux et FFP2.

Recyclage : les circuits-courts favorisés

Face à la difficulté de la collecte massive de masques jetables, le rapport de la « Mission Flash » recommande à encourager les initiatives locales. L’échelle nationale semble trop vaste, le circuit-court à l’échelle locale paraît davantage pertinent. Les régions et les collectivités sont encouragées à lancer des appels à projets ou à manifestation d’intérêt avec un soutien financier de l’État. Différents leviers ont été identifiés :

  • Le fond « économie circulaire » de l’ADEME pourrait être un éventuel du plan de relance en faveur du recyclage des masques.
  • Les contrats à impact qui ont pour but de favoriser les partenariats publics/privés pourraient jouer un rôle dans les initiatives de recyclage.
  • La banque des territoires pourrait intervenir en temps que co-financeur.
  • Le plan de relance pourrait aider et inciter à l’utilisation du polypropylène recyclé.
  • La création d’un label valorisant les entreprises qui s’engagent activement dans le recyclage des masques à usage unique.

Une autre solution viable pour éviter la surproduction de déchets issus des masques de protection à usage unique consiste à utiliser des masques de protection réutilisables. Les masques fabriqués artisanalement sont interdits. Il est indispensable que la qualité de ces masques soit validée par l’Institut Français du Textile (rapport IFTH n°2020-04-17-173-1). La recommandation des masques par l’AFNOR (Association Française de NORmalisation ) est indispensable.

 Ce qu’il faut retenir

 
  • La surconsommation de masques à usage unique entraîne une surproduction de déchets, dont la plupart ne sont pas recyclés.
  • Les particuliers doivent jeter leurs masques dans les conteneurs de déchets non recyclables.
  • Pour les lieux à forte fréquentation ( ERP notamment ), le gouvernement recommande l’installation de bornes de collecte.
  • Dans le milieu médical non libéral, les masques jetables sont considérés comme des DASRI ( déchets d’activités de soins à risques infectieux ).
  • Le recyclage des masques est freiné par de nombreuses contraintes.
  • Les initiatives locales sont privilégiées pour le recyclage du polypropylène.
  • L’utilisation de masques réutilisables conformes aux réglementations en vigueur est privilégiée.

La crise sanitaire a engendré de nouvelles problématiques, dont le tri et le recyclage des déchets spécifiques liés à la situation actuelle ( masques, surblouses, surchaussures et autre matériel médical à usage unique ). Le caractère imprévisible de l’épidémie mondiale de covid-19 n’aide pas à la mise en place de réelles solutions de récolte et de recyclage des masques de protection.

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