Comment réagir face à un arrêt cardiaque ?

Le massage cardiaque et la défibrillation sont des gestes qui permettent de sauver de nombreuses vies puisqu’en France environ 50000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque chaque année selon la Fédération Française de Cardiologie. La bonne pratique s’articule autour de 3 gestes à réaliser dans l’ordre : prévenir les secours, pratiquer un massage cardiaque et utiliser un défibrillateur automatisé externe.

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1. Identifier l’arrêt cardiaque et prévenir les secours

Lorsqu’une personne a une perte de connaissance, le premier réflexe doit être d’identifier s’il s’agit bien d’un arrêt cardiaque ou d’un autre trouble cardiaque grave nécessitant un massage cardiaque. Pour contrôler la respiration de la victime, il faut l’allonger sur le dos et constater ou non l’absence de respiration ou la présence des GASPS (mouvements respiratoires inefficaces, lents, bruyants ou anarchiques). Ces signes attestent d’un arrêt cardiaque, en cas de doute il faut tout de même commencer la procédure de réanimation cardio respiratoire. En bref, les symptômes d’un problème cardiaque grave sont une perte de connaissance accompagnée d’un trouble flagrant de la respiration.

On distingue plusieurs facteurs à risques cardiaques :

  • L’âge, le sexe et les antécédents familiaux, qui sont des facteurs à risques sur lesquels on ne peut pas agir. L’homme voit les risques d’accidents cardiovasculaires augmenter à partir de 50 ans, contre 60 ans chez la femme.
  • Le tabagisme qui favorise l’apparition de caillots sanguins, le rétrécissement des artères et l’apparition de troubles du rythme cardiaque.
  • Le diabète lorsque l’excès de glucose dans le sang endommage les artères.
  • L’hypertension artèrielle qui peut affaiblir le coeur en le sollicitant et ainsi augmenter la pression.
  • Le mauvais cholestérol dont l’excès est néfaste pour la santé et peut bloquer la circulation sanguine augmentant ainsi les risques d’arrêt cardiaque.
  • L’excés de triglycérides dans le sang, augmente le risque de maladies cardiovascularies.
  • L’obésité et le surpoids (lorsque l’Indice Masse Corporel IMC est supérieur à 30) augmente le risque cardiovasculaire
  • La sédentarité. Il est conseillé de pratiquer au moins 30 minutes d’exercice physique par jour afin de stimuler l’activité cardiaque.
  • Souvent mésestimé, le stress peut être un facteur important dans l’augmentation de la tension artérielle.

L’arrêt cardiaque est dans la plupart des cas subi de façon soudaine. Mais dans le cas d’un arrêt cardiaque suite à une crise cardiaque ou infarctus du myocarde, la victime peut identifier divers symptômes avant crise cardiaque:

  • sensation de pression dans la poitrine
  • douleur au bras droit, la nuque et la mâchoire
  • suées plus ou moins importantes
  • nausées et vomissements
  • vertiges ou évanouissements
  • souffle court

En cas de symptome de crise cardiaque il est conseillé d’avertir les secours au plus vite. Une prise en charge avant la survenue de l’arrêt cardiaque des suites d’un infarctus de myocarde représente une très nette augmentation des chances de survie.

Dans toutes les situations (crise cardiaque, arrêt cardiaque soudain, fibrillation venticulaire ou tachycardie ventriculaire), la procédure de sauvetage est la même si on est témoin de la scène. Une fois la défaillance cardiaque identifiée, il faut directement alerter les services de secours ou demander à un autre témoin de le faire si possible. S’il n’y a aucun témoin et que personne à proximité ne peut venir en aide, c’est à l’unique témoin d’appeler les secours en téléphonant au 15 (SAMU), au 18 ou au 112 (pompiers). L’appelant doit :

  • donner son numéro de téléphone
  • décrire la nature du problème
  • donner une indication géographique la plus précise possible.

Une fois les secours prévenus, le témoin 2 peut se lancer à la recherche d’un défibrillateur automatisé externe (DAE) à proximité. L’application Staying Alive géolocalise tous les défibrillateurs recensés par la base de donnée nationale des défibrillateurs Geo’DAE. En matière de réanimation cardiaque, chaque minute gagnée est essentielle et augmente de 10% les chances de survivre à un arrêt cardiaque une fois la quatrième minute passée.

2. Réaliser un massage cardiaque

https://www.medisafe.fr/Dans un premier temps, pour réaliser un massage cardiaque il faut libérer l’accès au thorax de la victime (autant que possible), soit en lui enlevant ses vêtements, en ouvrant sa chemise ou en découpant son haut avec un ciseau pouvant se trouver dans votre trousse de secours entreprise. Il est temps de pratiquer une RCP (Réanimation Cardio-Pulmonaire).

Massage cardiaque adulte:

– La compression cardiaque

  1. Positionner le talon de l’une des mains au centre de la poitrine, sur la ligne médiane, sur la moitié inférieure du sternum. La seconde main est placée par-dessus la première à plat, les doigts vers le haut.
  2. Les bras doivent être tendus et les coudes verrouillés afin de réaliser un mouvement parfait. Il est conseillé de placer ses genoux au sol auprès de la victime. Il faut maintenir les bras perpendiculaires au corps de la victime pour éviter de lui briser des côtes.
  3. Les compressions doivent être délivrées sur un rythme de 100 à 120 compressions par minute exercées avec régularité. Cette fréquence massage cardiaque est nécessaire pour l’efficacité de la manoeuvre.
  4. Effectuer 30 compressions thoraciques en plein milieu du thorax.
  5. Les compressions verticales du sternum doivent être d’environ 5 cm. Il ne faut pas avoir peur d’appuyer.
  6. Entre chaque compression, le thorax doit revenir à sa position initiale.

– Le bouche à bouche

Toutes les 30 compressions cardiaques, le sauveteur doit insuffler deux fois de l’air dans les poumons de la victime par bouche à bouche. Ce secouriste peut utiliser un masque bouche à bouche rigide ou jetable afin de faciliter la ventilation artificielle.

  • La tête de la victime doit être légèrement inclinée vers l’arrière. Une main du sauveteur est placée sur le front tout en pinçant le nez, la seconde main sert quant à elle à ouvrir la bouche de la victime tout en maintenant le menton élevé.
  • Le sauveteur doit intercaler deux insufflations dans la bouche de la victime en moins de 5 secondes.
  • Chaque insufflation doit être progressive et durer environ 1 seconde.
  • Une fois l’expiration réalisée, le sauveteur peut vérifier l’affaissement de la poitrine de la victime.

Il faut toujours garder un rythme de 30 compressions alternées avec 2 insufflations par bouche à bouche. La manoeuvre doit être renouvelée jusqu’à l’arrivée des secours ou jusqu’à l’obtention d’un défibrillateur automatique. Si le sauveteur est pris de vomissements ou nausées lors de l’insufflation ou s’il ne se sent pas à l’aise dans la pratique du bouche-à-bouche, il doit effectuer un massage cardiaque sans insufflation.

Les massages cardiaques de réanimation s’effectuent de la même manière pour un homme que pour une femme victime d’arrêt cardio-respiratoire (AC).

Massage cardiaque chez l’enfant de 1 à 8 ans :

  • Les compressions doivent être effectuées avec une seule main, le talon de la main doit être placé entre le bas du sternum et la jonction des dernières côtes. Les doigts doivent être courbés vers le haut afin de ne pas appuyer sur les côtes.
  • Le thorax de l’enfant doit être enfoncé au tiers de son épaisseur par la compression.
  • Entre chaque pulsation, le thorax doit revenir à sa position initiale.
  • La fréquence RCP est, comme chez l’adulte, de 100 à 120 compressions par minute.

Comme chez l’adulte, le rythme est de 30 compressions pour 2 insufflations.

Chez l’enfant de plus de 8 ans, la procédure de ventilation artificielle est identique à celle de l’adulte.

Massage cardiaque chez le nourrisson :

  • Pour un massage cardiaque bébé, le bouche à bouche doit se faire en alignant la tête du nourrisson avec son torse, le menton élevé. La bouche du masseur doit englober à la fois le nez et la bouche de la victime.
  • Les volumes d’air soufflés lors d’un bouche à bouche sur bébé doivent être minimisés en comparaison d’une réanimation cardio pulmonaire sur adulte.
  • Les compressions doivent se faire en positionnant l’extrémité de 2 doigts d’une même main au niveau du sternum, les bras perpendiculaires au corps de la victime.
  • Il faut comprimer avec une fréquence de 100 à 120 pulsations par minute le sternum avec une profondeur d’environ le tiers de l’épaisseur du thorax de la victime.
  • Entre chaque pulsation, le thorax doit revenir à sa hauteur initiale.

Chaque trente compressions, le sauveteur doit insuffler de l’air deux fois dans les poumons de l’enfant avant de recommencer la procédure.

Quelle que soit l’âge de la victime, le cycle massage cardiaque intercale 30 compressions à 2 insufflations par bouche à bouche. Ce rythme permet de maximiser les chances de réussite de la réanimation cardio-pulmonaire.

À noter que les services de secours tels que les urgences, le SAMU ou les pompiers utilisent un ballon auto remplisseur à valve unidirectionnelle (BAVU) pour réaliser un massage cardiaque. Cet appareil de réanimation se charge d’envoyer de l’air dans les poumons de la victime de manière manuelle.

Les secours peuvent également utiliser une aide à la RCP Cardio First Angel, un appareil de soutien au massage cardiaque qui dicte, le placement, la fréquence de la RCP et indique la quantité de pression nécessaire à chaque compression.

3. La défibrillation cardiaque

La présence d’un défibrillateur automatisé externe public est indiquée par 4 panneaux signalétiques indiquant le chemin à suivre jusqu’au défibrillateur grâce à un dessin de défibrillateur, ainsi qu’un panneau signalant le DAE et un autre résumant la maintenance et les caractéristiques du défibrillateur automatisé.

Si le sauveteur peut avoir accès à un défibrillateur automatisé externe, il ne faut surtout pas hésiter à l’utiliser, nul ne peut être sanctionné par la loi pour un mauvais usage d’un défibrillateur DAE dans une situation de sauvetage cardiaque selon le décret 2007-705 du 04 mai 2007 (JO du 5 mai 2007). La défibrillation consiste à rétablir la fréquence cardiaque normale de la victime en lui envoyant des chocs électriques.

Utiliser un défibrillateur sur un adulte

  • Dégager le torse de la victime et le sécher si humide.
  • Placer les électrodes conformément au schéma visible sur leur emballage.
  • Connecter le câble des électrodes au défibrillateur automatisé externe.
  • Le défibrillateur semi automatique DSA ou le défibrillateur entièrement automatique DEA analysera automatiquement le rythme cardiaque et donnera l’information s’il faut administrer des chocs électriques externes ou s’il faut reprendre le massage cardiaque.
  • Un défibrillateur semi automatique indiquera au moment opportun qu’il faut envoyer le choc électrique via un simple bouton.
  • Un défibrillateur automatique DEA déclenche le choc électrique par lui-même et ne requiert aucune intervention humaine.
  • Attention de ne pas toucher la victime lorsque le choc électrique est envoyé.

Entre deux chocs électriques, il faut continuer la procédure de massage cardiaque au rythme de 30 compressions et 2 insufflations dans la bouche.

Si la victime réagit en reprenant une respiration normale, la réanimation doit être stoppée et la victime placée en position latérale de sécurité (PLS) jusqu’à l’arrivée des secours. Il ne faut pas débrancher les électrodes ou éteindre le défibrillateur automatique afin qu’il détecte une éventuelle rechute cardiaque. Si la victime ne réagit pas, la procédure de réanimation cardiaque doit durer jusqu’à l’arrivée des secours.

L’association d’un massage cardiaque à l’utilisation d’un défibrillateur automatisé externe double les chances de survie de la victime.

Utiliser un défibrillateur cardiaque sur un enfant ou un nourrisson

Contrairement au massage cardiaque, la procédure de défibrillation cardiaque est la même chez l’enfant de 1 à 8 ans et le nourrisson. Un défibrillateur DAE adapté aux enfants est conseillé, si toutefois le sauveteur n’a accès qu’à un défibrillateur cardiaque pour adulte, il peut l’utiliser.

Les électrodes doivent être positionnées à l’avant au milieu du thorax pour la première et au milieu du dos pour l’autre. Le défibrillateur automatisé donnera les indications de défibrillation ou se chargera par lui-même de délivrer les chocs électriques, comme chez un sujet adulte.

S’il reste rare, l’arrêt cardiaque chez l’enfant est souvent le résultat d’une cardiomyopathie, d’une électrocution ou d’une noyade. Il est bon de connaitre les gestes à respecter pour faire face à une telle situation.

Précautions à l’usage d’un défibrillateur automatisé externe :

  • Le torse de la victime doit être sec
  • Si velu, le torse de la victime doit être rasé (si possible)
  • Ne pas utiliser un défibrillateur cardiaque chez une personne ayant une cicatrice et un boîtier sous la peau à hauteur de la clavicule droite
  • Si le sol est mouillé, il est préférable de déplacer la victime d’arrêt cardiaque sur un endroit sec
  • Si le sol est métallique, mieux vaut déplacer la victime ou la positionner sur un tissu
  • Il faut s’assurer de ne pas toucher la victime lorsque le choc transthoracique est délivré

Conclusion : sans prise en charge immédiate d’un arrêt cardio respiratoire, l’issue est fatale dans 92% des cas, le taux de survie à un arrêt cardiaque est donc inférieur à 8%. Pourtant, seulement 40% de la population française connaît les bons gestes de secours en matière de massage cardiaque et de réanimation. La Fédération Française de Cardiologie recommande une formation aux gestes de premiers secours pour tout le monde tandis que le ministère chargé de la santé souhaite développer au maximum l’implantation des défibrillateur en France ainsi que d’en faciliter l’accès. Il est possible d’ estimer son niveau en matière de réanimation cardiaque en effectuant ce quizz.

Pour diminuer les risques de malaise cardiaque, tout individu peut avertir son médecin s’il pense ressentir un trouble cardiaque afin de réaliser un bilan cardiaque.

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